Gilad Atzmon : « Se moquer des autres est un domaine réservé aux seuls juifs »

Musicien de jazz vivant en Grande-Bretagne, Gilad Atzmon est également essayiste. Il est l’auteur du livre The Wandering Who ?, disponible en français sous l’appellation Quel juif errant ?, ou encore La Parabole d’Esther. Né en Israël, il est connu pour sa critique acerbe du sionisme et de la religion juive. Il a accepté d’accorder un entretien exclusif à Croah.fr :

Gilad Atzmon : « Se moquer des autres est un domaine réservé aux seuls juifs »

Alimuddin Usmani — Joe le Corbeau est un caricaturiste français. Il se moque notamment de « personnalités sionistes » comme BHL, de la « religion de l’Holocauste » ou bien du « Nouvel ordre mondial ». Le 28 janvier dernier, il a été arrêté par la police pour avoir mis en ligne la photo d’un homme qui a effectué une Quenelle devant une école juive. Joe le Corbeau a été mis en examen pour incitation à la haine raciale. Plusieurs médias institutionnels avaient publié la même Quenelle sans avoir eu un quelconque problème. Selon vous, Joe le Corbeau est-il victime d’une vengeance tribale à travers la justice française?

Gilad Atzmon — Une fois de plus nous apprenons que ni le gouvernement socialiste français, ni ses intendants de Jérusalem ne peuvent supporter un certain genre de parodie. Est-ce une coïncidence ?

Depuis plusieurs générations, l’humour yiddish se moque de manière outrancière des goyim et de leur prétendue naïveté et stupidité, tout en célébrant de manière simultanée  l’intelligence imaginaire des juifs. Nous constatons une fois de plus que « se moquer des autres » est un domaine réservé aux seuls juifs. Au moins, le gouvernement socialiste français est assez aimable pour nous éclairer sur ce que signifie la notion de peuple élu dans la pratique.

Allons plus loin. Par le passé, la gauche était préoccupée par la montée de la xénophobie – l’animosité envers l’étranger, envers autrui. Or, ce que nous constatons dans la France actuelle, c’est plutôt un phénomène opposé qui est en train de se mettre en place : l’oikophobie – l’émergence d’une peur et d’une haine de l’oîkos – la maison, l’indigène, l’hôte, l’enraciné, l’authentique.

Sous couvert de lutte contre la xénophobie, la Nouvelle gauche, soumise aux diplômés de la yeshiva de la communauté de Francfort, nous a fait connaître la politique de l’identité – une volonté manifeste de fragmenter la société en une multitude de secteurs marginaux. Ceci a abouti à une rapide métamorphose de la culture de gauche. La politique traditionnelle favorable à la classe ouvrière a été remplacée par une notion factice de diversité, qui s’est traduite en pratique par une diversité de disputes sectaires insensées.

Menacée par le nationalisme et le patriotisme, l’intelligentsia juive voulait que la société se délite en une multitude de discours déterminés par l’ethnicité, la race et le genre (LGBT). Elle a essentiellement redéfini la philosophie occidentale en une coopérative de synagogues sans Dieu. La gauche post-soixante-huitarde a rejoint cette expérience politique très périlleuse dans une tentative désespérée de destruction de la classe ouvrière, soudée et ouvertement nationaliste. Les conséquences furent dévastatrices, comme nous le savons. Au lieu de braver la xénophobie, le racisme ou l’intolérance, chacun de nous est devenu un étranger dans son propre pays. Nous avons volontairement procédé à notre propre « altérisation » au point de tomber dans l’oubli.

C’est précisément là ou Dieudonné vient s’immiscer. Par le biais de l’humour, il a réussi à nous réunir tous : noirs, arabes, blancs, poètes et patriotes. Il nous a rappelé la signification-même de la Résistance. Dieudonné est parvenu à relancer une authentique dynamique dialectique de gauche, alimentée par la négation. Une fois de plus, nous sommes unis par nos oppresseurs. Ceux-ci peuvent être facilement définis : le combatif et autoritaire lobby juif et ses pantins socialistes au gouvernement.

Joe le Corbeau est également opposé à l’oikophobie ; son humour est un emblème de l’oîkos – le foyer, la Nation, l’enracinement, l’authenticité, la francité. Je présume qu’un demi-siècle d’endoctrinement de la yeshiva de la communauté de Francfort touche à sa fin.

Joe le Corbeau est le publicateur de Shoah Hebdo qui est une parodie de Charlie Hebdo, dont les cibles favorites sont le catholicisme et l’islam. Si l’on prend en considération que Charlie Hebdo jouit du soutien régulier des pouvoirs en place, le travail de Joe le Corbeau est-il utile dans la prise de conscience du deux poids, deux mesures concernant le blasphème ?

C’est loin d’être une coïncidence si les satiristes et les comédiens sont pratiquement les seuls à être en phase avec la vérité au sein de la société occidentale. La politique, les médias, les académies et les sciences humaines ont été depuis longtemps castrés par le moyen du politiquement correct. La satire est certainement la dernière frontière. Elle explique très justement pourquoi l’élite française juive a envoyé en première ligne son grand frère socialiste dans le but d’imposer sa novlangue Orwellienne et de retirer du jeu Joe le Corbeau, Dieudonné et d’autres dissidents. Or, pour l’instant, sa piteuse campagne s’est retournée contre elle.  Elle a fait de Dieudonné un héros international.

Que pensez-vous du concours de caricatures sur l’Holocauste lancé en Iran à l’époque du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad ?

À l’époque, j’avais publié un grand nombre de ces dessins sur mon site. Je pense que le concours a su délivrer un message astucieux. Il a juxtaposé les Holocaustes juif et palestinien. Il a tourné en ridicule les lois sur le déni de l’Holocauste – une législation européenne absurde qui a été mise en place pour nous empêcher de revisiter et de réécrire notre passé. Ce concours s’est également moqué de la « religion de l’Holocauste », un précepte banal alimenté par un mélange de vengeance tribale et de victimisation judéocentrique.

Laissez-moi vous raconter le plus important : j’ai grandi en Israël, dans une société qui était profondément embarrassée par l’Holocauste et qui a rejeté ses survivants (lisez le livre de Tom Segev, Le Septième million). Les blagues sur l’Holocauste que j’ai entendues à Tel Aviv étaient bien plus méchantes et cruelles que tout ce que j’ai pu voir dans ce concours iranien ou bien partout ailleurs.

Le Portugal s’apprête, à l’instar de l’Espagne, à accorder la nationalité aux descendants de juifs séfarades ayant été expulsés de la péninsule ibérique au 15e siècle. Quel est votre réaction par rapport à cette affaire ?

Je pense que c’est une idée brillante. À présent, il ne nous reste plus qu’à nous assurer que les Khazars vont reprendre leurs juifs ashkénazes. Ce serait la solution finale la plus pacifique à la question juive.

Bernard-Henri Lévy s’est rendu le 9 février à Kiev pour soutenir l’opposition en Ukraine. Au sein de l’opposition, on trouve notamment le parti nationaliste Svoboda, qui utilise des symboles néonazis. Selon vous, est-ce une coïncidence si BHL se retrouve du même côté que ces types ?

C’est un fait établi, Bernard-Henri Lévy a développé une mentalité interventionniste unique en son genre. Cet étrange état d’esprit morbide est effectivement caractéristique des sionistes qui, depuis 20 ans, provoquent des guerres par procuration (Iraq, Iran, Syrie, Libye ou Ukraine). Cependant, le fait que BHL fasse un rapprochement avec un parti néonazi est finalement un développement positif. Cela veut simplement dire que BHL, au moins, a trouvé ses vraies racines idéologiques et intellectuelles. Après tout, le sionisme est un précepte motivé par le nationalisme expansionniste et par le racisme. Il est intrinsèquement lié au nazisme.

Je me réjouis de découvrir quel accord BHL pourrait conclure avec Svoboda. Après tout, Holodomor, l’extermination systématique par la faim de millions d’Ukrainiens, est de loin le crime le plus épouvantable du 20e siècle. Les lobbys juifs à travers le monde ont investi beaucoup d’énergie et d’efforts politiques pour tenter de dissimuler le rôle des bolcheviques juifs dans ce génocide.

Le 20 mars prochain vous tiendrez une conférence à Genève. Pouvez-vous nous dire un mot sur son contenu ?

Je vais parler de vérité et de dissimulation. Je vais faire une comparaison entre Athènes et Jérusalem, je vais examiner le continuum dévastateur entre l’élu et le progressiste, entre Israël, le sionisme et la Nouvelle gauche. Je vais essentiellement expliquer, une fois pour toutes, pourquoi rien de bon n’est arrivé en Palestine, à Paris ou à Détroit depuis belle lurette. Je vais indiquer qu’en l’état actuel des choses, nous sommes tous des Palestiniens et nous devrions de préférence nous unir pour passer à autre chose.

Propos traduits de l’anglais et recueillis par Alimuddin Usmani, le 24 février 2014

Site officiel de Gilad Atzmon
Article en Anglais

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11 commentaires


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  1. Oula.

    Trois points de détail : Un : Ce n’est pas Jérusalem qui est l’intendance du gouvernement français mais le contraire. La France juive qui est l’intendante du premier. Deux, cette histoire de nazis n’est pas claire du tout. Mêler le charognard Lévy avec les nazis commence à me mettre la puce à l’oreille. Ne serait-ce-pas la manière qu’ont les soi-disants libre-penseurs de faire leur shoahada en douce ? On va aller voir vraiment de quoi il retourne chez les Faurisson, Reynouard, et Hitler. Trois : Monsieur Atzmon, vous n’êtes pas Palestinien. Ne l’avez jamais été, et ne le serez jamais. Juif de naissance, c’est impossible pour vous de faire partie d’une quelconque façon de notre communauté. Et aussi, nous n’entendons pas passer à autre chose. Nous sommes très bien là où nous sommes et comme nous sommes. Avec nos problèmes. C’est-à-dire VOUS. Sinon, y’a pas sauter au plafond. Sauf que ça vient d’un Juif repenti ? Alors on devrait boire ça comme du petit lait ? Chacun fait sa petite shoahada un jour ou l’autre. En catimini, à voix basse, à mots couverts, sans en avoir l’air, etc. Pour moi, un Juif, ex-Juif, karchérisé à l’humanitarisme pro-palestinien, anti-sioniste, catholicisé, islamisé (rare) etc. restera un Juif. C’est-à-dire quelqu’un à qui nous ne ferons jamais confiance. Jamais ! On a bu cette méfiance avec le lait de notre Livre Saint.

    1. John Simpson

      A lire votre réponse vous n’avez pas compris grand chose au message de Gilad Atzmon. Vous semblez partager la vision racialiste des sionistes. Il faut que vous preniez conscience que le juif biologique n’existe pas. Gilad Atzmon est né juif mais il explique que le fait de s’être regardé dans le miroir a déclenché un processus de résurgence qui l’a amené à se dissocier du peuple élu, de sa politique et de sa spiritualité. Il se voit plus comme un déconstructeur de l’identité politique juive qu’un palestinien. Votre message va à l’encontre d’un message de réconciliation et conforte les sionistes qui préfèrent voir la dissidence divisée et non unie.

      1. Oula

        Mr Atzmon dit à la fin de l’interview : « Nous sommes tous des Palestiniens et nous devrions tous nous unir pour passer à autre chose. » Je dis que non. Mr Atzmon n’est pas Palestinien. Ses enfants ne sont pas enterrés sous des décombres de maisons effondrées, phosphorisés, emprisonnés, violés, humiliés. Ses parents ne sont pas parqués dans des réserves où la nourriture distribuée ne leur permet que de survivre mais pas de se nourrir, d’où dégénérescence et morbidité d’un peuple parmi les plus sains. Bref, on connaît tous l’histoire. Elle fait partie de notre décor, de notre psychisme. C’est un fait acquis que des gens meurent à petit feu, soient torturés quotidiennement, menacés de mort et exécutés journellement. Il dit aussi : Passons à autre chose. Trop fastoche ! Non. Nous ne passerons pas à autre chose. A quoi d’ailleurs ? On n’a qu’à fermer le toit sur le camp palestinien et gazé tout ça ? Gaza, n’est-ce pas prémonitoire comme non ? Passons à autre chose, allez, c’est pas grave… On est tous des Palestiniens. Je ne suis pas palestinienne. Et je n’ai pas envie de passer à autre chose. Ni d’acheter quoi que ce soit de ce Monsieur. Bon, je regarderais quand même pour voir… Mais je n’attends pas de miracle. A-t-il de la famille en Palestine ? Des frères et soeurs, amis qui patrouillent dans l’armée israélienne ? Une résidence secondaire là-bas ? Des actions dans la société d’un ami israélien ? Je n’ai pas envie de me réconcilier avec les réconciliateurs d’un monde hypocrite qui enterre sous le sable un crime en perpétuelle activité. Allons… passons à autre chose ! Je crois que la lâcheté est ce qui caractérise le plus la dissidence. Et l’opportunisme. Je sais que le Juif biologique n’existe pas. Quoique… Il y a des coutumes, des émotions qui influent sur la génétique. Mais le Juif psychologique existe. On le voit, l’entend, le détecte partout ! La France est vernie pour ça. Parce qu’il est partout où il est crucial d’être vu, entendu. Ca ne doit pas être facile d’être juif. Je le conçois. A mon avis, presque pire que d’être Palestinien. Enfin n’exagérons pas… Vous ne risquez pas une bombe sur la tête à chaque seconde, ou de mourir de malnutrition. Ou de désespoir. Et pourquoi se réconcilier avec des étrangers avec qui l’on n’a jamais été conciliés ?

        1. John Simpson

          Il est né en Palestine et parle hébreu, il a parfaitement le droit de ne pas se considérer juif ou sioniste simplement parce que la naissance lui a imposé une judéïté, n’importe quel homme sur cette Terre a le droit de rejeter la culture de ses ancêtres. Gilad Atzmon est un allié des palestiniens, il dénonce plus que quiconque la cruauté des israéliens, vous devriez lire son livre avant de faire des jugements à l’emporte-pièce. Par rapport à la dernière phrase il me semble qu’il s’agit bien d’un problème de compréhension de votre part. Gilad ne dit en aucun cas qu’il faut passer à autre chose et oublier la souffrance des Palestiniens. Il dit qu’il faut passer à autre chose en ce qui concerne la division. Il prône la réconciliation de tous les patriotes contre le sionisme, pour en finir avec cette domination nauséabonde qui pourrit la vie du monde entier en en particulier celle des palestiniens. La destruction du sionisme permettra de passer à autre chose, de ne plus subir cette infamie dans la vie quotidienne, c’est cela qu’il a voulu dire et pas autre chose…

  2. John Simpson

    Quel puissance du logos ce Gilad Atzmon, ça me donne envie d’acheter son livre. J’ai appris un nouveau terme avec l’oikophobie, c’est vrai que Joe le Corbeau incarne vraiment la France au même titre que Dieudonné ou Alain Soral. Ce n’est pas un hasard si les agents cosmopolites comme BHL, Attali, Haziza sont pris pour cible par la dissidence. Il travaillent pour un Etat étranger et raciste.